Passer au contenu
Hébergement Internet

Sauvegarder un site web et savoir le restaurer le jour J

Mis à jour le

Disque dur externe relié par câble à un ordinateur portable

Un site piraté, cassé par une mise à jour ou perdu avec son hébergeur ne se reconstruit qu'à partir d'une sauvegarde de site web récente, où figurent chaque fichier et chaque donnée de la base, rangée hors du serveur et associée à un service de restauration déjà testé.

Une copie utile réunit trois qualités : intégrale (fichiers, base de données, réglages hors du dossier du site), récente (fréquence calée sur le rythme des modifications) et éloignée (au moins un exemplaire chez un autre fournisseur ou hors ligne). Une sauvegarde dont personne n'a jamais testé la restauration reste une hypothèse.

Que contient une sauvegarde de site web complète ?

Une sauvegarde de site web intégrale regroupe deux blocs qui ne fonctionnent qu'ensemble. Le premier bloc rassemble les fichiers : le code du CMS, le thème, les extensions, les images et documents envoyés par les rédacteurs ou les clients, les fichiers de configuration comme wp-config.php ou .htaccess. Le second bloc, la base de données, renferme le contenu : textes des articles, commandes, comptes clients, commentaires, réglages de l'administration. Copier les fichiers sans la base, ou la base sans les fichiers, donne une archive impossible à remettre en ligne telle qu'elle était.

Un site statique, généré une fois puis servi tel quel, se limite au dossier des fichiers : sa sauvegarde se résume à une archive du répertoire publié et, mieux, au dépôt source qui permet de le régénérer. Un site dynamique sous WordPress, Joomla, PrestaShop ou Drupal dépend au contraire d'une base MySQL ou MariaDB qui change à chaque commentaire, à chaque commande et à chaque modification d'article.

Les réglages qui vivent hors du dossier du site

Plusieurs éléments indispensables au fonctionnement d'un site web ne figurent dans aucune archive de fichiers. La zone DNS du nom de domaine (enregistrements A, MX, TXT pour la messagerie et la vérification Google), les tâches planifiées, les versions de PHP choisies dans l'espace client, les redirections configurées côté serveur, les certificats et les boîtes mail hébergées chez ce prestataire. Une capture d'écran de chaque écran de configuration, ou un export texte de la zone DNS, suffit souvent à tout reconstruire. Ces informations se perdent facilement lors d'un incident, alors qu'elles tiennent dans un simple document rangé avec les archives.

Sauvegarde complète, incrémentielle, différentielle ou miroir : quelles différences ?

Les types de sauvegarde se distinguent par ce qu'ils enregistrent à chaque passage et par la manière de reconstituer le site au moment de restaurer. La sauvegarde complète reprend tout à chaque fois : simple à restaurer, elle occupe beaucoup d'espace de stockage dès que le site dépasse quelques gigaoctets. La sauvegarde incrémentielle n'enregistre que ce qui a changé depuis la sauvegarde précédente, quelle qu'elle soit ; la sauvegarde différentielle reprend tout ce qui a changé depuis la dernière sauvegarde complète. La sauvegarde miroir, enfin, réplique l'état exact du site à un instant donné, suppressions comprises.

Type de sauvegardeCe qui est copiéEspace occupéRestauration
ComplèteTous les fichiers et toute la base, à chaque passageÉlevéUne seule archive à remettre en place
IncrémentielleLes changements depuis la sauvegarde précédenteFaibleLa sauvegarde initiale puis chaque incrément, dans l'ordre
DifférentielleLes changements depuis la dernière sauvegarde totaleMoyen, croissant au fil des joursLa totale puis la dernière différentielle
MiroirL'état exact du site, suppressions comprisesCelui du siteImmédiate, mais une erreur se réplique aussi

La sauvegarde miroir trompe souvent les propriétaires de sites : une synchronisation vers Google Drive ou Dropbox reproduit fidèlement un fichier supprimé ou chiffré par un rançongiciel, et la version saine disparaît dans la foulée. Seule une solution qui garde plusieurs versions datées protège contre ce scénario. Les outils de sauvegarde sérieux combinent d'ailleurs une sauvegarde totale chaque semaine et des incrémentielles quotidiennes, ce qui limite le stockage consommé sans rallonger la restauration outre mesure.

Quelle fréquence de sauvegarde choisir pour son site ?

La fréquence de sauvegarde se règle sur la quantité de travail ou de données que le propriétaire accepte de perdre, ce que les informaticiens appellent l'objectif de point de reprise. Un site web qui ne change presque jamais supporte une sauvegarde mensuelle ; un site e-commerce qui enregistre des commandes toute la journée réclame une sauvegarde quotidienne de la base, voire plusieurs par jour. Le volume de fichiers et la base évoluent à des rythmes distincts : rien n'oblige à les sauvegarder à la même fréquence.

Boutique en ligne et site à comptes clients

Une boutique en ligne perd de l'argent et des données clients à chaque heure non sauvegardée. La base mérite une sauvegarde quotidienne au minimum, plusieurs fois par jour en période de soldes, et les fichiers un export quotidien. Une sauvegarde manuelle s'ajoute avant chaque mise à jour de PrestaShop, de WooCommerce ou d'un module de paiement.

Blog actif et site de contenu

Un blog qui publie plusieurs articles par semaine s'en sort avec une sauvegarde quotidienne de la base et une sauvegarde hebdomadaire des fichiers, les images téléversées étant le seul élément qui grossit vraiment. Les commentaires des lecteurs, eux, vivent dans la base.

Site vitrine

Un site vitrine modifié quelques fois par an se contente d'une sauvegarde hebdomadaire ou mensuelle, complétée par une sauvegarde manuelle avant toute modification du thème ou mise à jour du CMS. Le formulaire de contact enregistre parfois des messages dans la base : dans ce cas, une sauvegarde hebdomadaire reste le minimum.

Garder plusieurs générations compte autant que la fréquence. Une infection discrète peut rester active plusieurs semaines : la sauvegarde de la veille renferme alors le code malveillant. Conserver sept versions quotidiennes, quatre hebdomadaires et quelques mensuelles permet de remonter à une version saine sans stocker des centaines d'archives.

Où stocker les copies : la règle 3-2-1 appliquée à un site

La règle 3-2-1, reprise par la plupart des guides de sécurité informatique, demande trois exemplaires des données, sur deux supports différents, dont un hors du lieu principal. Appliquée à un site web, elle donne le site en production, une sauvegarde chez le prestataire d'hébergement et une copie chez un autre fournisseur ou sur un disque dur conservé hors ligne. La sauvegarde automatique de l'hébergeur est précieuse, mais elle se trouve souvent dans le même centre de données que le site, sous le même compte : un incendie, une faillite du prestataire ou un pirate qui obtient les accès de l'espace client peuvent emporter le site et ses sauvegardes d'un seul coup.

Le guide des bonnes pratiques de Cybermalveillance.gouv.fr consacré aux sauvegardes recommande de planifier les sauvegardes, de déconnecter les supports une fois la sauvegarde faite, de les protéger et de vérifier régulièrement qu'elles se restaurent. Pour l'exemplaire distant, plusieurs options existent :

  • stockage objet compatible S3 chez un autre fournisseur que celui du site, avec gestion des versions et, si possible, verrouillage des objets contre la suppression ;
  • service de sauvegarde en ligne ou stockage cloud grand public (Google Drive, Dropbox, OneDrive), pratique pour un petit site, à condition de garder plusieurs versions ;
  • disque dur externe ou NAS, rempli à intervalle régulier puis débranché, le seul support que personne ne peut effacer à distance ;
  • second serveur, par exemple un VPS d'appoint qui récupère les sauvegardes par une connexion chiffrée.

L'espace disque compte aussi sur le serveur : une archive qui remplit le quota interrompt parfois la sauvegarde en cours, voire le site. Pour estimer la marge à réserver aux sauvegardes, le calcul de l'espace disque d'un hébergement intègre justement les versions conservées sur le serveur.

Hébergeur, extension ou script : les méthodes de sauvegarde

Les méthodes de sauvegarde d'un site web se rangent en quatre familles, du plus simple au plus contrôlé. Aucune solution ne suffit seule : le conseil le plus répandu consiste à utiliser l'outil fourni avec l'hébergement et une seconde sauvegarde, lancée automatiquement vers un stockage externe.

La sauvegarde intégrée à l'hébergement

La plupart des offres d'hébergement mutualisé incluent des sauvegardes automatiques des fichiers et des bases, accessibles depuis le compte client ou le panneau cPanel ou Plesk. La durée de conservation varie d'une offre à l'autre, de quelques jours à quelques semaines, et la restauration se fait parfois en un clic, parfois sur demande au support. Avant de s'y fier, trois questions méritent une réponse écrite du prestataire : combien de versions sont gardées, où elles sont stockées, et si la restauration d'un seul fichier ou d'une seule base est possible.

Les extensions WordPress

Pour un site WordPress, les plugins de sauvegarde comme UpdraftPlus, BackWPup, Duplicator ou All-in-One WP Migration automatisent l'export des fichiers et de la base et l'envoi vers un stockage distant. Leur limite tient à leur emplacement : installés sur le site qu'ils protègent, ils tombent avec lui si le serveur ne répond plus ou si l'administration est compromise. Les sites lourds dépassent aussi la durée maximale d'exécution de PHP, ce qui produit des archives tronquées sans message d'erreur visible.

Le script en ligne de commande

Un accès SSH ouvre la méthode la plus fiable : mysqldump ou wp db export pour la base, tar pour les fichiers, puis rsync ou un transfert sécurisé vers un autre serveur, le tout lancé par une tâche cron. L'envoi par transfert SFTP chiffre les identifiants et les données pendant le trajet, ce que le FTP classique ne fait pas. Pour sauvegarder un site web sans extension, cette fonction de cron suffit : le résultat arrive chaque nuit sur le serveur distant, sans aide extérieure.

Le service de sauvegarde externe

Des services tiers se connectent au site par FTP, SFTP ou par un agent installé, récupèrent fichiers et base de données selon un calendrier, gardent l'historique et proposent une restauration guidée. Ils conviennent aux agences web qui gèrent des dizaines de sites, avec un tableau de bord unique et des alertes en cas d'échec.

Configurer une sauvegarde automatique WordPress pas à pas

Sauvegarder un site WordPress se paramètre en une demi-heure avec une extension, à condition de suivre un ordre précis. L'exemple suit la logique commune à UpdraftPlus et BackWPup, dont les écrans diffèrent mais dont les fonctionnalités se recoupent.

  1. Installer l'extension depuis le répertoire officiel de WordPress et vérifier qu'elle reçoit des mises à jour récentes.
  2. Choisir la destination distante (stockage objet, Google Drive, Dropbox ou serveur SFTP) et créer pour elle un compte dédié, dont les droits se limitent à l'écriture dans un seul dossier.
  3. Régler deux calendriers distincts : la base de données chaque jour, les fichiers chaque semaine, avec le nombre de versions à garder pour chacun.
  4. Exclure les dossiers inutiles (caches, anciennes archives, journaux) qui gonflent l'archive sans rien apporter à la restauration.
  5. Activer la notification par e-mail à chaque échec, et un rapport régulier quand tout fonctionne : un silence prolongé signale souvent une tâche bloquée.
  6. Lancer une première sauvegarde manuelle, télécharger l'archive et vérifier qu'elle s'ouvre et que son poids correspond à celui du site.

Les tâches planifiées de WordPress ne se déclenchent qu'au passage d'un visiteur : sur un site peu fréquenté, la sauvegarde nocturne part donc parfois en retard. Remplacer ce mécanisme par une vraie tâche cron du serveur règle le problème. Le choix d'une offre d'hébergement WordPress qui inclut accès SSH, cron et sauvegardes quotidiennes simplifie beaucoup cette configuration.

Restaurer un site web à partir d'une sauvegarde

Restaurer un site web à partir d'une sauvegarde suit toujours le même enchaînement, que la sauvegarde vienne du prestataire, d'un plugin ou d'un script. Avant de commencer, mieux vaut enregistrer l'état actuel du site, même cassé : il garde parfois les dernières commandes ou les derniers messages absents de l'archive.

  1. Choisir la bonne version : la plus récente pour une panne, une version antérieure à l'infection pour un piratage.
  2. Remettre les fichiers dans le dossier du site, en vidant d'abord celui-ci en cas de piratage pour ne pas garder un fichier malveillant.
  3. Créer ou vider la base de données, puis importer l'export SQL en utilisant phpMyAdmin, la commande mysql ou l'outil de l'hébergeur.
  4. Vérifier les identifiants de connexion à la base dans le fichier de configuration, surtout si le serveur ou le nom de la base change.
  5. Vider les caches, changer tous les mots de passe après un piratage, puis contrôler l'affichage, l'administration et les formulaires.

Restaurer un site WordPress sur un nouveau domaine demande en plus de remplacer l'ancienne adresse dans la base, ce que wp search-replace fait proprement, sans casser les données sérialisées. Récupérer une sauvegarde chez un prestataire qu'on quitte suit cette procédure : un changement d'hébergeur sans coupure n'est rien d'autre qu'une restauration sur un nouveau serveur, suivie d'une bascule DNS.

Pourquoi tester la restauration chaque trimestre ?

Tester la restauration reste l'étape essentielle, le seul moyen de savoir qu'une sauvegarde fonctionne, car beaucoup de sauvegardes échouent en silence. Archive tronquée faute de place, base exportée vide à cause d'un mot de passe changé, dossier d'images exclu par erreur, clé de chiffrement égarée : ces problèmes ne se découvrent qu'au moment de restaurer, c'est-à-dire au pire moment. Une fois par trimestre, restaurer une sauvegarde entière sur un sous-domaine de test ou un serveur local, puis vérifier que les pages s'affichent, que les derniers contenus sont présents et que l'administration répond, prend une heure et évite des jours de reconstruction.

Le test produit aussi une fiche de procédure à garder hors du serveur : emplacement des sauvegardes, identifiants nécessaires, ordre de restauration des fichiers et de la base, durée observée, personne à prévenir. Le jour d'un incident, cette fiche remplace la mémoire de celui qui a installé le site, souvent injoignable ou parti. Une agence web qui gère le site doit pouvoir la fournir sur simple demande.

Chiffrement et RGPD : mettre les sauvegardes à l'abri

Une archive de site contient tout ce qu'un pirate cherche : la base des clients, les adresses e-mail, parfois les mots de passe hachés et les clés d'API du fichier de configuration. Le RGPD, dans son article 32, cite parmi les mesures de sécurité attendues les moyens de rétablir la disponibilité des données à caractère personnel et l'accès à celles-ci dans des délais appropriés en cas d'incident physique ou technique : la sauvegarde fait donc partie des obligations d'un site qui collecte des données. Ces sauvegardes méritent une protection égale à celle de la base en ligne.

  • chiffrer les archives avant leur envoi, avec une clé conservée ailleurs que sur le serveur ;
  • ne jamais laisser une archive téléchargeable dans le dossier public du site, où un robot finit toujours par la trouver ;
  • limiter la durée de conservation des sauvegardes qui portent des données personnelles, en cohérence avec le registre des traitements ;
  • choisir un stockage situé dans l'Union européenne quand les données des clients l'exigent.

Ces exigences rejoignent celles qui pèsent sur l'hébergement ; les articles du blog consacrés à la sécurité et à l'hébergement détaillent chacune de ces briques.

Internet Archive et le cache de Google ne remplacent pas une sauvegarde

Internet Archive conserve des captures publiques de millions de sites web, et beaucoup de propriétaires pensent pouvoir y récupérer leur site perdu. Ces captures n'enregistrent que le rendu HTML de certaines pages, à des dates aléatoires, sans la base de données, sans l'administration, sans les comptes clients et souvent sans les images. Le cache de Google, lui, a disparu de la recherche en 2024. Une capture d'archive dépanne pour retrouver un texte ou une structure de menu, jamais pour remettre un site en ligne. Cette ressource publique aide également à retrouver une information sur un site web disparu, sans répondre au besoin de le restaurer. Seule une sauvegarde réalisée par le propriétaire, sur ses propres supports, garantit la reprise de l'activité.

Le même raisonnement vaut pour le dépôt de code d'un développeur ou une copie locale du thème : ces éléments couvrent une partie des fichiers, rarement les médias téléversés, jamais la base. Une stratégie de sauvegarde se juge sur un seul critère, la capacité à reconstruire le site entier, contenu et réglages compris, dans un délai acceptable.

Sauvegarde d'un site : conservation, taille des archives et outils gratuits

Combien de temps garder les sauvegardes d'un site web ?

Une rotation de sept sauvegardes quotidiennes, quatre hebdomadaires et trois à douze mensuelles couvre la plupart des sites. Les copies contenant des données personnelles se gardent seulement le temps prévu par la politique de confidentialité du site.

Une sauvegarde gratuite suffit-elle ?

Une extension gratuite associée à un stockage cloud gratuit protège correctement un petit site vitrine ou un blog. Une boutique ou un site à fort trafic tire profit d'un outil qui gère les incrémentielles, le chiffrement et les alertes, souvent réservés aux versions payantes.

Pourquoi l'archive de sauvegarde est-elle beaucoup plus lourde que prévu ?

L'archive inclut souvent les dossiers de cache, les anciennes sauvegardes stockées sur le serveur et des images en plusieurs tailles. Exclure ces dossiers et purger les copies locales réduit nettement le poids de chaque sauvegarde.

À lire également

↑